Il s'agit, pour
l'époque, d'une initiative très originale, et d'un concept entièrement nouveau
qui fait de cette École la plus ancienne institution de ce type au monde. Elle
résulte de la volonté exprimée par l'ensemble des communautés juives de France
de former des rabbins qui soient adaptés aux besoins spirituels et religieux
des fidèles, ainsi qu'à leur mentalité.
Située à son
ouverture, le 1er juin 1830, au 47 rue de l'Arsenal à Metz, (dans
un immeuble appartenant à la communauté messine), elle sera transférée à Paris
sur décret impérial, signé le 1er juillet 1859 par l'Impératrice
Eugénie, et qui lui fait prendre le nom de : SÉMINAIRE ISRAÉLITE.
Le Consistoire de
Paris loue à son intention et pour trois ans une partie de l'institution
Derenbourg-Springer située au 10 Rue du Parc Royal (IIIe
Arrondissement), puis un immeuble situé au 57 Boulevard Richard-Lenoir (XIe).
Peu après, grâce à
la donation généreuse d'un israélite parisien d'origine alsacienne, David
BLOQUÉ, le Consistoire de Paris achète un terrain d'environ 1500 m2,
au 9 de la rue Vauquelin (Ve), en plein quartier latin.
C'est le 11 avril
1881 que les élèves-rabbins s'installent dans ce nouvel immeuble. L'oratoire
du Séminaire, qui fait office d'oratoire d'application pour les élèves, et,
simultanément, de synagogue de quartier, est inauguré, quant à lui, pour Roch Hachana de l'année 1883.
Après plus d'un
siècle, c'est ce même bâtiment qui continue à remplir vaillamment sa tâche, et
à abriter le centre de formation des futurs rabbins de France.
Il est important
de noter que depuis une ordonnance royale du Roi Louis-Philipe, le 22 mars
1831, l'État participait financièrement au fonctionnement de L'École
Rabbinique.
La promulgation de
la loi du 9 décembre 1905 qui instaure la séparation des cultes et de l'État,
a pour effet de supprimer cette subvention.
Au terme d'une
réorganisation des structures communautaires et consistoriales, la charge
d'administration et de fonctionnement incombe désormais entièrement au
consistoire Central de France, avec le concours du Consistoire de Paris.
A cette occasion,
le Séminaire reprend, avec une légère modification, son ancien titre et
devient : "l'École Rabbinique de France", nom qu'elle porte encore et qu'elle
partage aujourd'hui avec celui de "Séminaire Israélite de France" (S.I.F.).
Pendant la période
sombre de la seconde guerre mondiale, l'École se replie, en 1940, à Vichy pour
quelques mois; puis à Chamallière (près de Clermont-Ferrand) de 1941 à juillet
1942.
En octobre 1942,
elle est transférée à Lyon, où elle est dissoute en 1943. Elle connaîtra une
semi-clandestinité jusqu'en 1945, puis reprendra normalement ses activités,
accueillant plusieurs jeunes idéalistes, désireux de participer au premier
plan à l'œuvre de reconstruction.
Depuis sa
création, l'École aura accueilli plus de 400 étudiants ; plus de 300 y auront
été diplômés. Nombre d'entre eux exercèrent une action décisive sur le
judaïsme de leur communautés, certains acquirent même une renommée universelle
soit par leur science, soit par leur engagement et leur action.
Sur les treize
Grands Rabbins de France qui ont présidé aux destinées de la communauté juive
française, les neuf derniers ont été formés par l'École Rabbinique de France.
Aujourd'hui comme
hier, l'École Rabbinique poursuit sa mission en formant des guides spirituels
pour les communautés, tout en veillant à suivre l'évolution des mentalités,
des besoins et de la demande des fidèles. Son souci constant est de réaliser
une synthèse parfaite entre tradition et modernité, et son objectif est de
faire toujours progresser le niveau de l'attachement des juifs à la Tora
éternelle.
Annexe :